A nouveau convoqués par Salvador, donc, pour le 7 Avril 2004, c'est bien déterminés à ne pas faire, cette fois-ci, le déplacement pour
Rien que nous nous rendons, ce jour-là, à Mende.
C'est ainsi que nous débarquons dès le matin au tribunal afin d'y consulter le dossier de l'affaire, auquel l'on nous empêche délibérément d'accéder depuis le début de celle-ci - violant par là-même les Droits les plus fondamentaux de la Défense.
En effet, le seul "avantage" (si l'on peut dire) à se trouver mis en examen consiste en la possibilité de pouvoir accéder librement au dossier à tout instant, cela afin de pouvoir préparer sa défense dans des conditions équitables - et pour tout dire normales.
Or, après avoir mis 6 mois à nous en transmettre la première moitié et après avoir expurgé ledit dossier dans la plus parfaite illégalité comme nous sommes à même de le prouver, voilà que
Salvador n'hésite pas à se rendre coupable d'une
rétention illégale de la 2ème moitié de ce dossier, constituée par un nouveau wagon de "pièces" accumulées dans notre dos.
Cette moitié (à savoir la plus récente du dossier) n'a donc pu être consultée, que ce soit par nous-mêmes ou par notre avocat, que très brièvement et sur place dans la matinée du
8 Mars dernier.
Maître Hoepffner en avait demandé communication dès cette date, et force est de le constater : un mois après, il n'avait toujours rien reçu - et son attente n'était pas terminée.
Sitôt arrivés au tribunal au matin du 7 Avril, Salvador se retranche une première fois derrière l'absence de notre avocat pour refuser de laisser ses mis en examen accéder à leur dossier.
Qu'à cela ne tienne, Maître Hoepffner ayant eu un empêchement relativement grave pour raisons de Santé à la dernière minute, sans que cela n'affecte notre détermination d'en finir avec cette convocation, nous nous trouvons aussitôt un avocat de remplacement sur place.
Face à ce nouvel avocat, Salvador exige, cette fois, que nous signions chacun un mandat écrit à ce dernier - mandat dépourvu de la moindre valeur procédurale, et d'une inutilité d'autant plus absolue qu'il y avait, bien évidemment, mandat verbal. Mais Salvador, qui excelle décidément dans l'art de perdre son temps et de gaspiller celui des autres depuis le début de cette procédure, s'est dit qu'après plus d'une heure perdue à nous trouver l'avocat de remplacement, il n'y avait rien de tel qu'un petit quart d'heure passé en double page d'écriture pour rogner sur notre temps de consultation de son douteux dossier.
Notre mère et Charles-Louis vont donc faire chacun leur page d'écriture dans une salle d'audience lorsqu'y font leur apparition, sortis d'une porte située dans le fond du décor, 3 pantins en robe qui intiment à la salle vide l'ordre de se lever pour accueillir leurs majestés. Notre mère et Charles-Louis ont choisi de les ignorer, y compris lorsqu'ils se sont mis à parler tout seuls pour déclamer on ne sait trop quoi dans leur charabia amphigourique au public imaginaire qui peuplait tous ces bancs vides.
Leur curieux rituel invocatoire terminé, et le sentiment du devoir accompli (!), ces 3 formes vaguement humaines et affublées de robes disparurent finalement par là où elles étaient entrées.
Tout cela est-il bien sérieux ?
Par conséquent, ce n'est que très peu de temps avant midi que notre mère et Charles-Louis purent enfin compulser, au triple galop, notre dossier pour prendre plus amplement connaissance du
fatras exposé plus haut.
L'après-midi, alors que ces derniers étaient déjà au tribunal à l'heure précise prévue pour la confrontation, la "veuve" Roche et son avocat se sont fait attendre plus d'une demi-heure, et les 2 mis en examen ont encore dû attendre un quart d'heure de plus dans le hall d'entrée pendant que ce petit monde faisait des messes basses dans leur dos avec le juge dans son bureau.
Quand on les fit enfin venir, ils eurent le plus grand mal à se caser dans le placard à balai du juge, déjà plein à craquer - entre le juge lui-même et 2 greffières, la "veuve" Roche et son avocat (ce dernier, à lui tout seul, occupant un volume égal à celui de plusieurs personnes) et la brochette des 3 faux témoins.
Si on la considère d'une manière globale, la petite séance s'est limitée à ceci : les 2 premiers faux témoins Feneyrou et Tourneau en sont chacun à une
3ème version de leur faux témoignage respectif, incompatible avec les 2 précédentes - ces 2 nouvelles versions respectives réussissant l'exploit d'être, par surcroît, incompatibles entre elles. Quant à Michelle Cazes, faux témoin malgré elle, elle s'est insurgée contre le
trucage des paroles qu'ont placé les gendarmes de Mende dans sa bouche avant de lui faire signer ce qu'ils voulaient, et s'est attachée à contredire de A jusqu'à Z les fausses déclarations qui lui ont été attribuées - ce qui a été considéré comme tellement gênant que, malgré nos protestations, Salvador a décidé de censurer ses propos sur-le-champ en les excluant du procès-verbal. A part cela, notre mère ainsi que Charles-Louis ont mis en évidence
davantage encore d'incohérences, tant dans les faux témoignages que dans une accusation qui ne tient pas debout, et ont
insisté sur la véritable identité du coupable, ainsi que sur des hypothèses de culpabilité on ne peut plus sérieuses, elles - ce dont le juge se fiche autant que de notre
mise au point, dont il n'a pas tenu et ne tiendra jamais le moindre compte.
Cette confrontation fut toutefois émaillée d'un certain nombre d'incidents :
- C'est à tort que le procès-verbal de confrontation commence par la mention "
après leur avoir fait prêter serment de dire toute la vérité, rien que la vérité" - et c'est là un fait constitutif du Délit de Faux en Ecriture Publique. En effet, voilà que l'on s'aperçoit sur le moment, et alors qu'on en est déjà au 2
ème faux témoin qui essaye de vendre sa soupe, qu'
aucun serment n'a été prêté. Du coup, le juge, qui avait pourtant déjà fait porter la mention attestant des serments par la greffière, leur fait prêter serment sur-le-champ, avant de leur demander de bien vouloir confirmer, cette fois sous serment, "la véracité" des propos bidonnés qu'ils venaient de tenir hors serment. Ce qui fut fait, et a occupé pas moins d'une demi-page dans le procès-verbal de confrontation. Quelle mascarade !
- L'homme qui était présent et qui a pris la parole ce jour-là au nom de Tourneau était-il bien celui qu'il a prétendu être ? Au vu de l'oiseau, tant notre mère que Charles-Louis ont exprimé leurs doutes à ce sujet-là, puisqu'ils ne l'ont nullement reconnu. Car même s'ils ne l'avaient pas revu depuis plus de 10 ans, Tourneau, si c'était bien lui, était devenu absolument méconnaissable.
- Durant l'écrasante majorité du temps passé en confrontation, Cabanes, l'avocat adverse, n'a cessé de fixer notre mère ainsi que Charles-Louis, passant alternativement de l'un à l'autre et leur jouant tour à tour à chacun tout l'éventail des configurations occulaires possibles et imaginables - des gros yeux aux yeux plissés, en passant par les yeux au ciel, et toutes les autres positions intermédiaires. Sans oublier le grand rôle des sourcils et toutes les grimaces et autres mimiques que s'est ingénié à aligner, tout au long de la séance, ce guignol venu en robe se livrer à des effets de manche pour tenter de faire de l'
action psychologique à 2 sous. Notre avocat a pris la peine de le préciser à ses 2 clients : il ne faut pas se laisser distraire par les gesticulations de cet homme, qui visaient à les provoquer - mais il est vrai que voir une telle face de batracien bien gras en train de faire le singe n'est pas chose courante. Et quand il vit, au bout d'un moment, que ses bouffonneries étaient loin de produire un quelconque effet, le même zouave se lança dans une surenchère consistant à
interpeller violemment les 2 mis en examen, ainsi qu'à proférer un certain nombre de menaces à leur encontre. Au final, c'est lui qui est sorti de ses gonds tout seul, son petit
one man show minable tournant à sa propre confusion. Mais le problème est le suivant : ce cirque s'est déroulé devant le juge d'instruction, alors même que Cabanes, ce pantin en robe, n'avait pas le droit de ne serait-ce que s'adresser aux mis en examen, à plus forte raison sur ce ton et pour tenir ce genre de propos - ce que le juge, malgré nos protestations, a refusé de sanctionner ou même de faire figurer dans son procès-verbal. Toujours est-il que ce pouacre, forcément déçu d'avoir manqué son petit effet, et aussi pitoyablement qui plus est, en a été pour ses frais, et a partagé le restant de sa prestation du jour entre tics nerveux, gromellements inintelligibles et consolations calines avec son téléphone portable.
Dernier point d'intérêt sur Cabanes : celui-ci a avoué, lors de la confrontation, être "
un ami de longue date de Pierre Roche" (élément qui en dit plus qu'un long discours sur la personnalité de cet individu, qui proclame haut et fort une telle amitié), juste avant de préciser qu'il avait "
plaidé pendant 15 ans" devant ... ledit ami. Or, cela n'est pas sans poser sans d'énormes problèmes déontologiques, à la fois sur la possibilité qu'a un avocat d'influencer le résultat même d'un jugement à venir par ses relations, autant que sur la partialité même du magistrat devant lequel l'affaire passe. En d'autres termes, dans le langage châtié et riche en euphémismes qui se pratique dans les rouages du système judiciaire, c'est ce que l'on appelle pudiquement, pour un avocat, "avoir l'oreille du tribunal" - et même de la cour en l'occurrence, Pierre Roche ayant été Président de Chambre à la Cour d'Appel de Nîmes (où Cabanes est avocat), ce qui lui donnait la haute main sur tout ce qu'il pouvait se passer aux différents échelons inférieurs ou égaux à celui qu'il occupait ; c'est-à-dire sur toute l'activité judiciaire au sein du
ressort de ladite Cour d'Appel. Dans ces conditions, ne peut que se poser la question du taux de succès des affaires défendues par un avocat disposant de relations aussi stratégiques dans ce ressort de Cour d'Appel - un taux que nous croyons deviner très largement supérieur à la normale.
- Cabanes s'étant planté sur toute la ligne dans sa tentative idiote de déstabilisation, Salvador a aussitôt volé à son secours et pris le relais par une maneuvre aussi déloyale que grossière - et tout particulièrement significative de sa partialité, d'une rare ampleur dans cette affaire. De but en blanc, ce dernier tombe, sans crier gare, sur Charles-Louis, avec une
question qui remplit la totalité d'une page et une partie de la suivante, et qui constitue un véritable réquisitoire stigmatisant l'engagement sans réserve à charge de Salvador, qui se prend maintenant pour un procureur et qui, se refusant à remettre en cause les 3 faux témoignages pourtant déjà brisés en 1000 morceaux à ce stade de l'affaire, se borne à transformer le procès en sorcellerie qu'il nous fait depuis le début en procès d'intention à Charles-Louis. La litanie de ses fantasmes, énumérés de manière purement invocatoire, étant aussi dépourvue de base que contraire aux normes procédurales, Charles-Louis décida, puisqu'on ne le laissait pas répondre de manière aussi longue et détaillée que la question, d'expédier sa réfutation en 3 lignes.
- Pour ce qui est du comportement de la "veuve" Roche, qui prolonge les poursuites engagées par Pierre Roche dans cette affaire, elle est restée muette comme un carpe pendant toute la séance, préférant laisser Cabanes faire son numéro et jouer les vierges effarouchées - ce qui est quand même un comble pour cette ex-prostituée maintenant que tout le monde est au courant.
Elle a quand même tenu, sans doute pour amortir le déplacement, à se couvrir de ridicule, et cela à plusieurs reprises, par quelques interventions mémorables :
* la 1
ère question, qui semblait la préoccuper au plus haut point, était la suivante : pourquoi Michelle Cazes a-t-elle déclaré que Pierre Roche l'avait "sortie du ruisseau" ? Réponse verbale de l'intéressée sur le moment : "Pardi ! Parce que c'est vrai, qu'il l'a sortie du caniveau !"
* Question encore plus intéressante (et plus croustillante) posée par notre avocat :
qui a pris les fameuses photos qui sont au centre de l'affaire, et qui n'ont pas fini de faire couler beaucoup d'encre ? Confusion terrible chez le flop-modèle qui est la vedette de ce spectacle de monstres. Devant une dizaine de paires d'yeux désireuses d'en savoir plus sur cette séance de pose, la "veuve" commence par bredouiller de manière relativement incohérente, avant d'articuler que l'auteur des prises de vues est ... sa voisine de palier de l'époque ! Le tout avant de se raviser, après un moment de flottement et après que Cabanes, ce pied nickelé fin comme du gros sel, lui ait soufflé à l'oreille son texte : au final, elle prétendra que l'apprenti-photographe, qui a eu le mauvais goût d'immortaliser de la sorte ces visions d'apocalypse n'est autre ... que Pierre Roche.
* Même flou artistique (si l'on peut dire ...) en ce qui concerne la
question de la datation desdites photos - demandée, de même, par notre avocat. Après une hésitation calculatrice, la "veuve" Roche se décide pour la période qui suit la séparation entre notre mère et Pierre Roche. Léger problème : si les photos ont été prises posétrieurement au départ de notre mère, on voit mal comment elle aurait pu entrer en leur possession, comme elle en est accusée à tort. Mais sans doute peut-on compter sur Salvador pour ne pas relever cette incohérence majeure supplémentaire.
- Les 2 faux témoins restants, Feneyrou et Tourneau, ont aussi tenu à achever de s'emmêler les pinceaux de la manière la plus inextricable qui soit :
* Feneyrou, rouge comme un écrevisse et extrêmement nerveux, prétend maintenant que notre mère lui aurait donné les polaroïds pornographiques dans les années 80, qu'il les aurait ensuite conservés jusqu'en 1992, date à laquelle il en aurait
détruit une partie avant d'en remettre le reliquat à Roche - en main propre, si l'on peut dire. Puisque Salvador souhaite gober volontairement les élucubrations de ce faux témoin, pourquoi, dans ce cas, avoir fait perquisitionner chez nous en se fondant sur ce faux témoignage, soi-disant pour venir y chercher les polaroïds en question ? Et puis combien y aurait-il eu de photos au total ? Quelles proportions respectives Feneyrou en aurait-il détruit et remis à Roche ? Mystère et boule de gomme ; et
Feneyrou, liquéfié face à ses contradictions, de conclure qu'il n'est plus sûr de rien, que cela soit au sujet de ces photos ou encore de leur sort entre ses mains ;
* Quant à Tourneau, tel le serpent qui se mord la queue, il se contredit entre le début et la fin même des propos qu'il a tenus lors de la confrontation : ainsi prétend-il au départ qu'un mystérieux inconnu lui aurait donné l'adresse de Maman, qu'il ne serait venu voir qu'en vue de la restauration d'un tableau, et que c'est à cette occasion qu'elle lui aurait spontanément parlé de Roche.
Cela avant d'avouer piteusement à la fin qu'il se savait trompé par son épouse avec Pierre Roche. A la question de notre avocat lui demandant s'il ne s'est pas, en fait,
rendu chez nous que par rapport à cet état de fait et en vue de nous en parler, Tourneau ne peut que répondre, aussi simplement qu'éloquemment : "oui, et oui".
Enfin, est-il besoin de le préciser, puisque, dans la plus pure tradition des trucages salvadoriens, le torchon de papier pompeusement rebaptisé
"procès-verbal de confrontation" n'est qu'un compte rendu très fragmentaire des propos tenus lors d'une confrontation que la greffière avait pourtant l'obligation de retranscrire dans son intégralité, il n'était pas question ni pour notre mère, ni pour Charles-Louis de le signer.
Il faut d'ailleurs préciser, à ce sujet, que Salvador a une méthode très personnelle de choisir ce qui va figurer dans ses documents composés à la carte et le contenu qui, censuré, doit passer à la trappe. Par convention avec ses greffières, il leur rappelle systématiquement en début de séance, selon ses propres termes, qu'il "prend le contrôle" par avance du contenu du document que l'on s'apprête à établir, et celles-ci, par la suite, ne prennent plus aucun propos à la source et n'acceptent plus de ne prendre en notes que ce qui leur est dicté par "Monsieur le Juge", après qu'il ait pu exercer son filtrage pied à pied, s'autorisant au passage à éliminer tout ce qui le dérange. Cette méthode, fort peu orthodoxe et plus que contestable, est, bien évidemment, en contradiction avec les procédures légales et passible de sanctions pénales puisque constitutive du Délit de Faux en Ecriture Publique.
Car les Lois doivent aussi, et à plus forte raison, s'appliquer aux juges, Salvador compris - application dont nous comptons bien nous assurer d'ici la fin de cette affaire.
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